Voici l’article de breaking news en français, rédigé selon vos consignes.
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Le 3 juillet 1940, au large de Mers el-Kébir, en Algérie, la mer est calme et le ciel d’un bleu implacable. À 17h56, les canons britanniques ouvrent le feu. En moins d’un quart d’heure, un cuirassé explose, deux autres s’échouent en flammes, et près de 1 300 marins français meurent sous les obus de leurs alliés de la veille.
Ce carnage, l’un des plus traumatisants de la Seconde Guerre mondiale, trouve son origine dans une promesse solennelle arrachée trois semaines plus tôt, dans un salon de la préfecture de Tours, par Winston Churchill à l’amiral François Darlan. Une promesse qui, selon les révélations d’une enquête historique approfondie, n’a jamais été trahie, mais dont la méfiance a transformé la parole en tragédie.
L’histoire commence le 12 juin 1940, au château du Muguet, près de Briare. La France s’effondre sous les coups de l’armée allemande. Paris tombera dans trois jours.
Le gouvernement français s’est replié dans la vallée de la Loire. Autour de la table, Paul Reynaud, le maréchal Pétain, le général Weygand, un jeune sous-secrétaire d’État nommé Charles de Gaulle, et le lendemain matin, l’amiral Darlan. Churchill, Premier ministre depuis un mois à peine, sait que la flotte française, la quatrième du monde avec près de 1 700 tonnes de puissance de feu, est la dernière carte du pays.
Il fixe Darlan dans les yeux. « Vous ne devez jamais, sous aucun prétexte, laisser les Allemands mettre la main sur cette flotte », lui dit-il. Darlan, fils et petit-fils de marin, répond sans bafouiller : « Jamais, quoi qu’il arrive, un seul navire français ne sera livré à l’ennemi.
» Pour deux hommes qui ont grandi dans la tradition où la parole donnée entre marins vaut plus qu’un traité, cette phrase a un poids immense. Churchill la prend pour argent comptant.
Le lendemain, 13 juin, ultime réunion du Conseil suprême interallié à la préfecture de Tours. Churchill arrive furieux. Reynaud l’a averti par une ligne non sécurisée.
Son avion, escorté par douze chasseurs Hurricane, se pose sans que personne ne soit prévenu. Les grilles de la préfecture sont fermées. Le Premier ministre britannique doit se contenter d’un repas improvisé dans un hôtel de la place de la gare, un poulet qu’il jugera lui-même infecte dans ses mémoires.
Quand la réunion débute à 15h30, Reynaud pose la question qui va décider du sort de l’Europe : la France peut-elle être déliée de son engagement à ne jamais signer de paix séparée ? Churchill, les larmes aux yeux, répond qu’il comprend la détresse française, mais que la Grande-Bretagne continuera le combat seule s’il le faut. La question de la flotte revient sur la table.
Darlan répète sa promesse. C’est la dernière fois que Churchill l’entend de sa bouche.
Trois jours plus tard, tout s’effondre. Le 16 juin, Paul Reynaud démissionne. Le président Albert Lebrun appelle Philippe Pétain, 84 ans, pour former un nouveau gouvernement.
Le 22 juin, dans le même wagon-restaurant de la forêt de Compiègne où l’Allemagne avait signé sa capitulation en 1918, la France signe l’armistice. L’article 8 de ce texte stipule que les navires de guerre français doivent être rassemblés dans leurs ports d’attache et désarmés sous contrôle allemand ou italien. Pour les négociateurs français, ce contrôle signifie une simple vérification technique.
Pour Churchill, à Londres, ce mot a une tout autre sonorité. Il a vu Hitler promettre à Munich en 1938 qu’il n’avait plus aucune revendication territoriale, puis occuper ce qui restait de la Tchécoslovaquie six mois plus tard. Il a vu l’Allemagne signer un pacte de non-agression avec la Pologne, puis l’envahir.
Un texte qui place la flotte française sous la surveillance d’une commission d’armistice germano-italienne n’est pas une garantie, c’est un délai.
Ce que Churchill ignore, c’est ce qui se passe dans le dos des négociateurs. Le 24 juin 1940, deux jours après la signature de l’armistice, l’amiral Darlan envoie à tous les commandants de la flotte française un ordre secret rédigé de sa propre main. Si un jour l’ennemi tente de s’emparer d’un bâtiment français, cet ordre dit que ce bâtiment doit être sabordé, coulé par son propre équipage sur le champ.
Darlan ajoute une précision glaçante : si plus tard un ordre contraire lui parvenait, donné sous la contrainte de l’occupant, cet ordre-là devrait être ignoré. Seul l’ordre de sabordage du 24 juin compte. Autrement dit, Darlan vient de se donner, noir sur blanc, la garantie exacte que Churchill lui avait demandée à Briare et à Tours.
Mais ce document reste secret, verrouillé dans les états-majors de Vichy. Londres n’en voit jamais la moindre ligne.
Fin juin, la pression monte à Londres. Le cabinet de guerre britannique débat plusieurs jours durant. Certains amiraux jugent l’idée même d’attaquer un ancien allié proprement scandaleuse.
L’amiral North, commandant à Gibraltar, s’emporte contre son collègue Sommerville quand celui-ci reçoit sa mission. « Winnie est fou. Cette solution est criminelle », lâche-t-il.
Il ironise même sur le nom de code de l’opération, Catapult, qu’il rebaptise Boomerang, tant il redoute qu’elle ne se retourne contre les Britanniques eux-mêmes. Mais Churchill impose sa volonté. Il a besoin d’un geste, un geste que le monde entier puisse voir, en particulier Roosevelt, encore hésitant à s’engager au côté d’un pays qui semble déjà à moitié vaincu.
Le 28 juin, l’Amirauté ordonne de rassembler à Gibraltar une force navale de choc. Porte-avions, cuirassés, croiseurs, destroyers. On la baptise Force H.
Son commandant, l’amiral Sommerville, reçoit une mission qu’il va lui-même qualifier dans un télégramme de « l’une des plus pénibles jamais confiées à un officier de la Royal Navy ». La cible : la flotte française mouillée à Mers el-Kébir, près d’Oran en Algérie. La date fixée : le 3 juillet.
Au matin du 3 juillet 1940, la rade de Mers el-Kébir ressemble à une carte postale. La mer est calme, le ciel algérien d’un bleu limpide. Amarés le long de la jetée, les fleurons de la marine française : les croiseurs de bataille Dunkerque et Strasbourg, les vieux cuirassés Bretagne et Provence, le porte-hydravion Commandant Teste, et six contre-torpilleurs rapides.
Sous le commandement du vice-amiral d’escadre Marcel Gensoul à bord du Dunkerque, ces bâtiments respectent scrupuleusement les clauses de l’armistice. Culasse des canons démontés, avions désarmés, munitions regroupées. Une flotte au repos qui ne s’attend à rien.
À l’horizon apparaît la Force H britannique. Un porte-avions, deux cuirassés, un croiseur de bataille, des croiseurs légers, neuf destroyers. Un capitaine britannique, Cedric Holland, se fait conduire en canot jusqu’au Dunkerque pour transmettre l’ultimatum de Sommerville à Gensoul.
Les deux hommes se connaissent bien. Ils ont servi ensemble lors d’opérations combinées avant la guerre. Holland présente les options : rallier la flotte britannique pour continuer le combat contre l’Allemagne, gagner un port britannique avec un équipage réduit, se rendre dans un port français des Antilles sous contrôle américain pour y être désarmé, ou se saborder sur place.
Faute de réponse dans les six heures, les navires français seront coulés de force.
Gensoul est indigné. « La marine française n’a pas l’habitude de manquer à sa parole », lance-t-il au parlementaire britannique. Il refuse de considérer cet ultimatum comme autre chose qu’un déshonneur.
Céder à une menace armée d’un pays qui était quelques semaines plus tôt encore son allié reviendrait selon lui à trahir l’armistice qu’il a l’ordre de respecter. Il tente de joindre Darlan pour obtenir des instructions, mais ne réussit à parler qu’à son adjoint, l’amiral Le Luc. À 8h45 du matin, les bâtiments français reçoivent l’ordre de se mettre en position de combat.
À 9h10, un second message circule : « La flotte anglaise est venue proposer un ultimatum inacceptable. Il faut se tenir prêt à répondre à la force par la force. »
Pendant que les négociations traînent, des avions britanniques venus de l’Ark Royal mouillent des mines magnétiques à l’entrée de la rade, verrouillant toute possibilité de fuite. Gensoul espère gagner du temps, réarmer ses batteries côtières, remettre ses navires en état de combattre, obtenir malgré tout une issue diplomatique. Puis, vers 16h, un message radio circule entre l’état-major français et Gensoul, donné au nom de Darlan : les escadres françaises de Toulon et d’Alger se portent à son secours, prêtes à rallier la rade en tenue de combat et à répondre à la force par la force.
Ce message, intercepté par les services britanniques, est le signal que tout le monde redoutait. La France pourrait rouvrir les hostilités contre la Grande-Bretagne elle-même, avec des renforts en approche. L’Amirauté ordonne à Sommerville de régler l’affaire avant la tombée de la nuit.
À 17h30, Sommerville prévient Gensoul que le délai touche à sa fin. À 17h56, la Force H ouvre le feu. Le déluge dure moins d’un quart d’heure.
36 salves, 63 tonnes d’explosifs. Le cuirassé Bretagne, touché de plein fouet dès les premières minutes, prend feu, chavire et coule en quelques minutes à peine, entraînant avec lui près de 1 000 hommes pris au piège sous les ponts. À peine cinquante marins parviendront à s’échapper à la nage ou en chaloupe.
Le Dunkerque et le Provence, gravement endommagés, s’échouent volontairement pour éviter de sombrer tout à fait. Le contre-torpilleur Mogador, touché à l’arrière, voit exploser ses propres grenades anti-sous-marines dans un second embrasement. Seul le Strasbourg, profitant de la confusion et de la fumée qui masque désormais toute la rade, parvient à forcer le passage avec plusieurs contre-torpilleurs et à filer vers Toulon, poursuivi sans succès par des avions britanniques.
Le porte-hydravion Commandant Teste, resté au mouillage et indemne, appareillera seul dans la nuit pour rallier lui aussi Toulon.
Trois jours plus tard, le 6 juillet, une nouvelle vague de bombardiers-torpilleurs venus de l’Ark Royal achève le Dunkerque, encore immobilisé dans le port, faisant plus de 200 morts supplémentaires. Au total, le bilan officiel s’établit à 1 297 marins français tués et plusieurs centaines de blessés. En une seule soirée, la Royal Navy a infligé à la marine française des pertes humaines plus lourdes que l’ensemble de la campagne de France.
La nouvelle frappe le pays comme une gifle. Les journaux français, y compris ceux qui n’ont aucune sympathie particulière pour l’Allemagne, parlent d’agression sans précédent, de guet-apens, de trahison des anciens frères d’armes. Le Petit Parisien titre sur une « agression inconcevable ».
L’Écho d’Alger dénonce un « guet-apens sans précédent dans l’histoire navale ». Jusqu’au très modéré Le Temps évoque la « trahison d’anciens frères d’armes ». Les partisans de la collaboration avec l’Allemagne, encore minoritaires quelques jours plus tôt, trouvent soudain dans ce drame un argument en or pour éveiller une anglophobie que beaucoup de Français croyaient endormie.
Le 5 juillet, le gouvernement de Vichy rompt ses relations diplomatiques avec Londres.
À Londres, l’ambiance est diamétralement inverse. Le 4 juillet, Churchill se présente devant la Chambre des communes pour rendre compte de l’opération. Selon plusieurs témoins présents ce jour-là, sa voix se brise en évoquant la décision, l’une des plus douloureuses de toute sa carrière, celle de faire feu sur d’anciens compagnons d’armes plutôt que de risquer de les voir un jour tourner leurs canons contre l’Angleterre.
Quand il termine, la chambre entière se lève dans une ovation rare, y compris sur les bancs de l’opposition. Pour l’opinion britannique et pour Roosevelt, encore hésitant à s’engager au côté d’un pays qu’on croyait défait, Mers el-Kébir devient la preuve éclatante que la Grande-Bretagne se battra jusqu’au bout, seul s’il le faut, quel qu’en soit le prix.
Une même tragédie racontée sur deux rives de la Manche produit deux histoires opposées. Trahison d’un côté, sacrifice nécessaire de l’autre. Mais voici où l’histoire prend un tour que presque personne ne raconte.
La promesse faite à Briare et répétée à Tours a-t-elle vraiment été trahie sur le strict plan des faits ? Non, jamais, à aucun moment. Entre juin 1940 et l’attaque de Mers el-Kébir, pas un seul navire de la flotte française n’a été livré, remis ou même prêté à l’Allemagne.
L’ordre secret de sabordage signé par Darlan le 24 juin restait en vigueur, verrouillé dans les tiroirs des états-majors, ignoré de Londres. Le vrai problème n’était donc pas que la France avait menti. C’était que la Grande-Bretagne, échaudée par des années de promesses hitlériennes piétinées, ne pouvait plus se permettre de croire une parole sur simple confiance, même celle d’un allié de la veille.
Mers el-Kébir n’est donc pas l’histoire d’une trahison consommée, c’est l’histoire d’une méfiance devenue elle-même meurtrière.
Et cette promesse allait deux ans plus tard se réaliser exactement comme Darlan l’avait juré, dans les circonstances les plus tragiques qui soient. Le 8 novembre 1942, les Alliés débarquent en Afrique du Nord. Darlan se trouve par hasard à Alger au chevet de son fils malade.
En quelques jours, il change de camp, négocie un cessez-le-feu avec les Américains et se retrouve du jour au lendemain du côté des Alliés qu’il avait vus tirer sur ses marins deux ans plus tôt. Furieux, Hitler ordonne l’occupation totale de la France et lance le 27 novembre 1942 l’opération Lila. Des colonnes blindées allemandes, dont des éléments de la Panzerdivision et de la division SS Das Reich, foncent vers Toulon pour s’emparer cette fois pour de bon de ce qui reste de la flotte française.
L’amiral Jean de Laborde, qui commande cette flotte à bord de son navire amiral le Strasbourg, connaît l’ordre donné par Darlan plus de deux ans auparavant. Il s’y tient, malgré les appels de Darlan lui-même, qui, désormais rallié aux Alliés, lui demande de prendre la mer pour les rejoindre. Aux premières lueurs du 27 novembre, alors que les blindés allemands se perdent dans le dédale du port et n’atteignent les quais qu’après 5h30 du matin, l’ordre de sabordage général est donné.
Près de 77 bâtiments, soit environ 235 000 tonnes d’acier de guerre, la quasi-totalité des forces de haute mer françaises, se sabordent en l’espace de quelques heures. Le Strasbourg, celui-là même qui avait fui l’enfer de Mers el-Kébir, coule à son tour, coulé cette fois par son propre équipage plutôt que de servir l’Allemagne, au côté du vieux Provence, de sept croiseurs dont l’Algérie, et de près de trente contre-torpilleurs. Seuls cinq sous-marins parviennent à s’échapper de la rade avant que les issues ne se referment.
Trois d’entre eux, le Casabianca, le Marsouin et le Glorieux, rallient l’Afrique du Nord pour continuer le combat au côté des Alliés. La promesse faite à Briare et à Tours en juin 1940 est enfin tenue à la lettre, deux ans, cinq mois et quinze jours plus tard, dix-sept mois après que 1 300 marins français sont morts précisément parce que Londres n’avait pas cru qu’elle tiendrait.
Reste la question posée au tout début de cette histoire. Quelqu’un a-t-il payé pour ce qui s’est passé le 3 juillet 1940 ? La réponse, aussi frustrante soit-elle, est non, pas au sens où l’on pourrait l’attendre.
Winston Churchill n’a jamais été inquiété pour cette décision. Il continue de diriger le Royaume-Uni, reste l’un des hommes d’État les plus célébrés du XXe siècle, et aucune enquête, aucun tribunal, aucune excuse officielle ne viendra jamais sanctionner le choix qu’il a défendu comme nécessaire jusqu’à la fin de sa vie. L’amiral Gensoul, dont la rigidité et l’orgueil ont peut-être rendu le drame inévitable en refusant tout compromis pendant ces heures cruciales de négociation, ne sera jamais non plus sanctionné.
Il continuera sa carrière, prendra sa retraite et mourra tranquillement en 1973, plus de trente ans après le drame.
Quant à François Darlan, l’homme dont la parole donnée à Tours est au centre de cette histoire, son destin bascule très vite après son ralliement aux Alliés. Le 24 décembre 1942, un mois à peine après que le sabordage de Toulon a validé dans le sang et le fer l’engagement qu’il avait pris deux ans plus tôt, Darlan sort de son bureau du palais d’été à Alger. Dans un couloir, un jeune homme de 20 ans, Fernand Bonnier de la Chapelle, l’attend.
Il appartient à un petit groupe de conspirateurs monarchistes qui rêvent de porter au pouvoir le comte de Paris, prétendant au trône de France, et qui voient en Darlan un obstacle politique à écarter. Le jeune homme se confesse le matin même auprès d’un abbé qui lui donne l’absolution avant le geste. Il tire deux balles sur Darlan, une au visage, une dans la poitrine.
Darlan meurt presque aussitôt. Arrêté sur place, jugé en quelques heures par un tribunal militaire expéditif, condamné à mort dans la nuit, Bonnier de la Chapelle est fusillé dès le lendemain matin, le 26 décembre, avant même que le dossier n’ait pu être réellement instruit, avant même que ses éventuels commanditaires n’aient été inquiétés. Trois ans plus tard, en 1945, la justice française le réhabilite, estimant qu’il avait agi dans l’intérêt de la libération du pays.
Darlan, lui, sera inhumé loin des siens. Son corps sera transféré en 1964 au cimetière militaire de Mers el-Kébir sur décision du général de Gaulle, devenu président de la République. Le règlement militaire interdira qu’il repose dans le même carré que les 1 300 marins tombés sous les tirs britanniques quatre ans avant sa propre mort, puisqu’il n’est pas mort à leur côté.
Sa tombe sera placée juste à l’extérieur du carré, à quelques mètres de ceux dont la mort, d’une certaine façon, découle directement de la promesse qu’il avait faite en son nom. Ainsi se referme la boucle. L’homme qui avait juré un jour de juin 1940 que la flotte française ne tomberait jamais aux mains de l’ennemi meurt assassiné pour une tout autre raison, quelques semaines à peine après que sa parole s’est révélée vraie de la manière la plus tragique qui soit, au fond d’une rade où 77 navires reposent désormais, coulés par leurs propres équipages plutôt que livrés à qui que ce soit.
Personne, en définitive, n’a payé pour les 1 297 morts de Mers el-Kébir. Pas de procès, pas de sanction, pas même un mea culpa partagé entre les deux nations. Ce que l’histoire a laissé à la place, ce sont deux récits qui continuent de s’affronter.
L’un fait de sacrifice nécessaire, l’autre de trahison impardonnable, et un simple fait glaçant dans sa sobriété : la parole donnée à un homme dans un couloir de préfecture à Tours un jour de juin 1940 a fini par être tenue, beaucoup trop tard pour ceux qui reposent au cimetière de Mers el-Kébir.


