Les “Diables Noirs” : L’Unité Française La Plus Crainte Par Les Nazis

Les "Diables Noirs" : L'Unité Française La Plus Crainte Par Les Nazis

Les archives militaires allemandes révèlent une vérité que la France a longtemps cachée : les tirailleurs sénégalais, surnommés les “Diables Noirs”, étaient l’unité la plus redoutée par les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale.

Un journal de campagne retrouvé dans les fonds d’archives de Fribourg porte la signature de l’officier allemand Klaus Hartman. En juin 1940, il écrit : “Nous avons affronté les Britanniques, les Polonais, même quelques Américains, mais rien ne nous a préparé au diable noir. Ils ne combattent pas comme des soldats, ils chassent comme des prédateurs.”

Ce témoignage n’est pas isolé. Entre 1940 et 1945, les documents de la Wehrmacht contiennent plus de 230 références explicites à cette unité française spécifique. Les commandants allemands refusaient d’y assigner leurs jeunes recrues, tant la peur était ancrée.

Un rapport de la 5e Panzer Division décrit une “détérioration mesurable du moral des troupes” au seul nom des tirailleurs. Ces soldats venus d’Afrique de l’Ouest française ont été systématiquement effacés du récit national, mais les Allemands, eux, ne les ont jamais oubliés.

Pour comprendre cette crainte, il faut remonter à leur origine. Les tirailleurs sénégalais n’étaient pas des conscrits réticents. En 1939, 179 000 d’entre eux étaient mobilisés, dont 85 % de volontaires.

Ils venaient de cultures guerrières où le courage au combat définissait l’identité masculine.

Le 20 mai 1940, près d’Abbeville, le 124e régiment d’infanterie allemand rencontre une section du 24e régiment de tirailleurs sénégalais commandée par le sergent-chef Ibrahim Assar. Pendant neuf heures, 42 hommes clouent sur place un régiment entier.

Le lieutenant Ernst Kleist écrit dans son rapport : “Ces soldats ne combattent pas selon les doctrines européennes. Ils appliquent une tactique que nous ne comprenons pas.” Les tirailleurs se déplaçaient constamment, frappant depuis des angles imprévisibles, utilisant le terrain comme une arme.

Le capitaine Friedrich Steiner, de la 7e division d’infanterie, analyse en août 1940 : “Les Français blancs défendent des positions. Les tirailleurs sénégalais défendent des zones.” Une zone est un espace fluide où l’ennemi se déplace sans cesse, rendant l’artillerie inefficace.

Le 14 juin 1940, à Champs-sur-Marne, le colonel Hans von Luck attaque un pont avec 240 hommes et huit automitrailleuses. Il tombe sur le 3e bataillon du 12e régiment de tirailleurs sénégalais, 450 hommes. Après sept heures de combat, il perd 172 soldats sans jamais prendre le pont.

Von Luck utilise pour la première fois le terme “Schwarze Teufel” – les diables noirs – dans son rapport. Le surnom se répand en moins d’un mois dans toute l’armée allemande. Les tirailleurs chargeaient à la baïonnette en hurlant, brisant psychologiquement l’ennemi.

Cette peur s’est transformée en violence. Entre juin et août 1940, les troupes allemandes ont exécuté sommairement entre 3 000 et 3 500 tirailleurs prisonniers. Le massacre le plus documenté a eu lieu à Chasselay, près de Lyon, le 19 juin 1940.

188 tirailleurs du 25e régiment, encerclés et à court de munitions, se rendent. Les SS les alignent contre un mur et les mitraillent. Un témoin français décrit : “Ils ont utilisé des mitrailleuses comme s’ils abattaient du bétail.

Ça a duré trois minutes.”

Pourquoi cette violence ? Le racisme nazi considérait les Africains comme des sous-hommes. Les voir combattre efficacement contredisait l’idéologie raciale.

La vengeance jouait aussi : les unités allemandes ayant affronté les tirailleurs subissaient 38 % de pertes en plus.

Le 23 juin 1940, alors que l’armistice est signé, le capitaine Charles N’Tchoréré, l’un des rares officiers noirs de l’armée française, refuse de cesser le combat dans les Alpes. Son régiment de 650 hommes tient tête à 15 000 Italiens pendant cinq jours.

Les Italiens perdent 792 hommes. N’Tchoréré répond à un officier venu négocier : “Mes hommes ne se rendent jamais. Si vous voulez passer, vous devrez nous tuer tous.”

Il est capturé plus tard et assassiné en camp de prisonniers par un SS.

En septembre 1944, les tirailleurs sont de retour en Italie. Intégrés au Corps expéditionnaire français, ils percent la ligne Gustave que les Alliés n’avaient pu franchir en six mois. Le mont Faito, jugé imprenable, tombe en six heures.

Le général allemand Kesselring écrit dans son journal : “Les Français ont déployé des troupes d’une qualité que nous n’avons jamais rencontrée. Nos soldats rapportent qu’ils se battent avec une férocité et une compétence qui rappellent les meilleures unités soviétiques.”

Une étude secrète de la Wehrmacht en novembre 1944 classe les tirailleurs sénégalais au-dessus de toutes les unités alliées : 8,4 sur 10, contre 5,2 pour les Américains. Les Allemands admettent qu’il faut trois soldats pour égaler un tirailleur.

Pourtant, après la libération, la France a systématiquement effacé ces héros. Dès septembre 1944, le général de Gaulle ordonne le “blanchiment” des troupes. 43 000 tirailleurs sont retirés du front, remplacés par des résistants blancs.

Le 1er décembre 1944, à Thiaroye, au Sénégal, 1 635 tirailleurs rapatriés protestent pacifiquement pour réclamer leurs soldes impayées. L’armée française ouvre le feu avec des mitrailleuses et des canons de char. Le bilan officiel est de 35 morts, mais les historiens estiment le chiffre réel à plus de 300.

Les survivants sont jugés et condamnés à de la prison. Voilà comment la France a remercié ceux qui avaient sauvé son honneur militaire. Pendant des décennies, les manuels scolaires français mentionnent les tirailleurs sur moins d’une demi-page.

Les Allemands, eux, n’ont jamais oublié. En 1973, d’anciens combattants de la Wehrmacht érigent une plaque à Montalcino, en Italie, pour honorer les tirailleurs du 9e régiment. La plaque dit : “Leur courage et leur habileté nous ont vaincus.

Nous les honorons comme des soldats d’exception.”

Aujourd’hui, il reste peut-être une dizaine de tirailleurs centenaires. Leur pension est quatre fois inférieure à celle des soldats métropolitains. Interrogé en 2018 à 103 ans, Ousmane Keita déclare : “Les Allemands nous craignaient, les Français nous ont oubliés, mais nous savons ce que nous avons fait.”

Cette histoire est une accusation contre un système qui a préféré l’oubli à la reconnaissance. Les archives allemandes ne mentent pas : 230 références aux diables noirs, un ratio de trois contre un, une supériorité tactique reconnue par l’ennemi.

La France doit enfin reconnaître que sans les tirailleurs sénégalais et nord-africains, elle n’aurait pas eu d’armée crédible en 1944. Sans eux, Toulon et Marseille n’auraient pas été libérés en douze jours. Sans eux, la ligne Gustave serait restée imprenable.

Les diables noirs ont combattu pour la France, ils sont morts pour la France. Ils ont été effacés par la France, mais ils n’ont jamais été vaincus sur aucun champ de bataille. Leur seule défaite est venue de ceux qu’ils ont sauvés.

Il est temps de raconter leur histoire.