Ce jour-là, à Tunis, la ville entière criait victoire. Les rues étaient couvertes de fleurs, les drapeaux claquaient au soleil, et moi, je regardais les deux généraux français se faire face, à…

Ce jour-là, à Tunis, la ville entière criait victoire. Les rues étaient couvertes de fleurs, les drapeaux claquaient au soleil, et moi, je regardais les deux généraux français se faire face, à...

Tunis, 20 mai 1943. La ville est libérée. Les rues sont couvertes de fleurs, la foule crie, et les soldats alliés défilent sous un soleil écrasant. Mais dans cette ville en fête, deux généraux français se font face.

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L’un est le supérieur hiérarchique de l’autre. Ils se sont battus côte à côte pendant des mois, séparés par des centaines de kilomètres de désert, mais reliés par la même obsession : chasser l’ennemi d’Afrique. Ce jour-là, l’un d’eux, Edgar de Larminat, dit quelque chose à Philippe Leclerc. Une phrase, ou peut-être plusieurs, que les témoins ont retenue longtemps.

Ce qui s’est passé entre eux, ce que cela révèle sur chacun, et ce que cela dit de la France libre dans l’un des moments les plus tendus de son existence, c’est ce que cette histoire raconte. Pour comprendre ce qui se joue à Tunis en mai 1943, il faut remonter à juin 1940. Pas à Paris, pas à Bordeaux, mais à Damas. Edgar de Larminat est alors colonel, chef d’état-major du théâtre d’opérations du Moyen-Orient.

Il a derrière lui une carrière militaire impeccable. Quand la nouvelle de l’armistice arrive, il refuse, simplement, clairement, sans hésiter. Son supérieur, le général Dentz, le fait arrêter. Larminat est enfermé à Damas.

La plupart des officiers dans sa situation se résignent. Lui, non. Le 30 juin ​​1940, il franchit la frontière vers la Palestine à pied, dans la nuit, avec son uniforme et rien d’autre. Personne ne lui a demandé ce geste.

Il n’y avait aucun réseau organisé, aucune garantie, aucun filet de sécurité. De Gaulle venait d’appeler depuis Londres, mais très peu l’avaient entendu. Larminat, lui, l’avait entendu. Et il avait agi.

Quelques semaines plus tard, il rejoint l’Afrique équatoriale française. Brazzaville, Fort-Lamy, Libreville. Il rallie le Moyen-Congo, le Gabon, le Tchad. De Gaulle le nomme gouverneur général de l’AEF libre, puis général de brigade.

À quarante-cinq ans, Larminat est devenu l’un des premiers piliers militaires de la France libre. Celui qui tient le continent africain pendant que les autres se battent en Libye ou en Égypte. C’est lui qui organise les défenses de Bir Hakeim avant de confier le commandement à Pierre Koenig. Ce camp perdu dans le désert libyen, à 50 kilomètres de la route côtière, va devenir, en juin ​​1942, l’un des symboles les plus forts de la résistance française.

Mais Larminat n’y est plus. Il a préparé le terrain, posé les mines, pensé les lignes de retraite, puis confié le flambeau. C’est comme ça qu’il travaille : dans l’ombre des batailles décisives, en construisant ce que les autres feront fonctionner. Philippe Leclerc de Hauteclocque, lui, c’est le contraire.

Il est visible, présent sur le terrain au milieu de ses hommes, souvent en avance sur ses propres lignes. Né en 1902 dans une famille de vieille noblesse picarde, sorti de Saint-Cyr en 1924, il a à peine quarante ans quand il arrive en Afrique. Il a pris le nom de guerre Leclerc pour protéger sa famille restée en France occupée. Son vrai nom, Hauteclocque, ne doit pas apparaître dans les communiqués allemands.

En septembre 1940, il rallie à lui le Cameroun avec quelques dizaines d’hommes, puis le Fan, puis le Tibesti, puis Koufra, où il prononce son célèbre serment : ne s’arrêter que lorsque les couleurs françaises flotteront sur la cathédrale de Strasbourg. Ce n’est pas une métaphore. C’est un engagement personnel, presque religieux. Larminat et Leclerc se connaissent depuis l’Afrique.

Ils se sont croisés lors des campagnes de ralliement. Ils partagent la même ligne politique : fidélité absolue à de Gaulle, méfiance totale envers Vichy, conviction que seule la continuation du combat peut sauver l’honneur français. Mais leurs tempéraments sont opposés. Larminat est un organisateur, un stratège de l’ombre, avec une plume acide et un caractère tranchant.

Leclerc est un chef de terrain, un homme d’instinct, qui inspire par l’exemple plutôt que par les discours. Et pourtant, à l’hiver 1943, c’est Larminat qui va tenir les renes de la campagne et réunir les deux hommes en Tunisie, le 17 janvier 1943, à Djerba. Les forces françaises libres qui participent à la campagne de Tunisie sont placées sous son commandement. Deux grandes unités : la première division française libre, sous Koenig, et la force L, commandée par Leclerc lui-même.

Larminat est donc officiellement le supérieur de Leclerc pour cette campagne. Une situation délicate. Leclerc est une légende. Ses hommes l’adorent.

Ses victoires dans le désert, Koufra, le Fan, Tripoli, ont fait le tour de la presse libre. Larminat, lui, est moins connu du grand public. Plus administrateur, moins photographié, moins médiatique. Mais c’est lui qui tient les fils.

Et la situation en Afrique du Nord, à ce moment, est un nid de vipères. Le 8 novembre ​​1942, les Alliés ont débarqué au Maroc et en Algérie. L’amiral Darlan, représentant de Vichy, a été assassiné à Alger le 24 décembre. Les Américains ont alors choisi de s’appuyer sur le général Giraud, un militaire droit, respecté, mais sans programme politique, sans vision de ce que doit être la France de demain.

Pour de Gaulle, c’est inacceptable. Pour Larminat, c’est une insulte. Pour Leclerc, c’est un problème pratique qu’il faut contourner sans s’y heurter de face. Les Allemands, pendant ce temps, ont envoyé 70 000 hommes en Tunisie.

Rommel remonte depuis la Libye. La dernière bataille d’Afrique du Nord s’annonce. La force L pénètre en Tunisie le 20 février 1943. Leclerc arrive dans le désert du Sud tunisien avec ses camions, ses automitrailleuses, ses tirailleurs sénégalais, ses méharistes, ses légionnaires.

Une armée hétéroclite, recrutée sur trois continents, qui parle dix langues et se bat depuis 1940 sans interruption. Montgomery lui confie la couverture du flanc gauche de sa huitième armée, le long de la ligne Mareth. Puis, le temps passe. Mars, à Ksar Guilan, un fortin au milieu des dunes, à 70 kilomètres de Médenine.

Les Allemands attaquent. Ce n’est pas une escarmouche : ce sont les 15e et 21e Panzerdivisions, appuyées par des Stukas, qui lancent une charge frontale contre les positions de Leclerc. L’objectif allemand est double : repousser la force L et surtout découvrir la concentration de troupes néo-zélandaises qui s’apprêtent à déborder la ligne Mareth par le Sud. Si les Allemands percent à Guilan, le plan de Montgomery s’effondre.

Leclerc tient. Il ordonne à ses hommes de rester en position, de ne pas reculer d’un mètre. La Royal Air Force finit par intervenir, mais pendant plusieurs heures, ce sont les soldats de la force L qui font face seuls aux blindés de l’Afrika Korps. Les pertes sont lourdes, mais la position est tenue.

Ce détail, en apparence tactique, est en réalité décisif pour la suite. Grâce à Ksar Guilan, la deuxième division néo-zélandaise peut déborder la ligne Mareth et forcer les Allemands à décrocher vers Gabés.. Le 29 mars, Leclerc entre à Gabés.. La route vers le nord est ouverte.

C’est là, le 2 avril1943, à Gabés, que se produit quelque chose de révélateur. Leclerc rencontre le général Giraud. Il tente de le convaincre, vainement, que seul de Gaulle peut réaliser l’union des Français. Giraud écoute, hoche la tête, et ne change rien.

Ce rendez-vous manqué résume tout :l’impasse politique qui paralyse la France combattante au moment même où ses soldats remportent des victoires sur le terrain. Larminat, lui, n’essaie même pas de convaincre Giraud. Il ne lui parle pas. Il le méprise.

La première DFL, pendant ce temps, se bat au Nord. Djebel Garci, Takrouna, un village perché à 350 mètres d’altitude, défendu par les Italiens jusqu’au dernier homme. La brigade Brosset emporte cette position au corps-à-corps, dans des combats que les survivants ne raconteront jamais clairement. Le prix humain est élevé.

Très élevé. Le 13 mai1943, les troupes germano-italiennes capitulent en Tunisie. Deux cent quarante mille hommes se rendent. C’est la plus grande capitulation de l’Axe depuis Stalingrad, trois mois plus tôt.

L’Afrique du Nord est libre. Et le 20 mai, Tunis célèbre. Le défilé de la victoire est censé être le moment de l’union. Giraud est là.

Eisenhower est là. Les troupes alliées, britanniques, américaines, françaises de l’armée d’Afrique, défilent dans les avenues de la capitale tunisienne. La foule acclame, les drapeaux claquent. C’est le triomphe.

Mais Larminat refuse. Il refuse que les forces françaises libres défilent au côté de l’armée d’Afrique de Giraud. Ce n’est pas un caprice. C’est une position politique mûre et réfléchie.

Pour lui, laisser les FFL défiler sous le même commandement que les troupes qui ont obéi à Vichy jusqu’en novembre1942, qui ont tiré sur les Alliés lors du débarquement, qui ont servi un régime de collaboration, c’est une imposture. Une falsification de l’histoire en train de se faire. Les Britanniques, eux, sont fair-play. Ils comprennent quelque chose que les Américains semblent avoir du mal à saisir.

Les soldats de la France libre, en shortet chemises à manches courtes, coiffés de calots multicolores, debout sur leurs camions et leurs half-tracks, ne sont pas des troupes coloniales ordinaires. Ce sont les hommes qui ont dit non en juin1940, qui ont marché depuis le Tchad jusqu’à Tunisie, quatre mille kilomètres de désert, pour arriver là. Les Britanniques laissent donc les FFL ouvrir la partie motorisée du défilé. Et la foule, qui connaît Bir Hakeim, qui a entendu parler de Ksar Guilan, leur réserve une ovation que les troupes de Giraud, neuves et bien équipées, ne recevront pas.

C’est dans ce contexte que Larminat dit à Leclerc. Le détail exact des mots échangés ce jour-là entre les deux généraux ne figure dans aucun procès-verbal officiel. Mais ce que nous savons, c’est que Larminat est inflexible sur la question du défilé séparé. Et que Leclerc, plus pragmatique, commence à regarder vers l’avenir, vers l’intégration dans les structures alliées, vers ce que devra être la deuxième DB pour libérer la France.

Ce que Larminat dit à Leclerc, en substance, c’est ceci : « Nous ne pouvons pas effacer ce qu’ils ont fait. Nous ne pouvons pas défiler sous la même bannière que ceux qui ont combattu contre nos alliés six mois plus tôt. Ce serait mentir à ceux qui sont morts depuis1940. Ce serait mentir à la France.

»

Leclerc l’écoute. Il ne dit pas qu’il a tort. Mais il sait, lui, que la guerre n’est pas finie, que la France n’est pas encore libérée, que pour atteindre Strasbourg, son serment de Koufra, il lui faudra les hommes de l’armée d’Afrique, leurs chars, leurs camions, leurs officiers. L’avenir de la deuxième DB ne peut pas se construire dans la pureté absolue.

Il se construira dans la synthèse. Ce désaccord, entre la fidélité aux origines et la nécessité du rassemblement, est au cœur de ce que la France libre a vécu pendant toute l’année1943. Quelques jours après le défilé, la joie de la victoire tourne à l’amertume. Le 8 juin1943, la première DFL reçoit l’ordre de quitter la Tunisie.

Elle est à considérer comme indésirable sur le territoire français. Les ralliements aux FFL, qui se multiplient depuis la capitulation de l’Axe — civils, militaires de l’armée d’Afrique attirés par la réputation et l’esprit des Français libres—commencent à inquiéter l’état-major d’Alger. Trop de monde veut rejoindre Larminat et Leclerc. Trop de monde tourne le dos à Giraud.

Le 10 juin, c’est au tour de Leclerc d’être expédié. La force L quitte la Tunisie pour Sabratha, en Tripolitaine. Larminat part vers Zouara. Les vainqueurs de Ksar Guilan et de Takrouna vont passer les mois les plus chauds de l’été1943 dans le désert libyen, à l’écart du sol français.

C’est là, dans ces semaines de réorganisation forcée, que quelque chose d’important se produit. De Gaulle, qui a finalement pris le dessus sur Giraud au sein du Comité français de Libération nationale, créé à Alger en juin1943, décide de la forme que prendra la future armée française. La seconde DFL de Leclerc va devenir la deuxième division blindée. Elle recevra des chars américains, des Sherman, des half-tracks, des Jeeps.

Elle intégrera dans ses rangs des soldats de l’armée d’Afrique, des Français de métropole évadés, des Espagnols républicains. La synthèse que Leclerc appelait de ses vœux. Larminat, lui, garde le commandement de la première DFL, qui partira en Italie. Leurs chemins se séparent à nouveau.

Mais l’échange de Tunis reste. Ce moment où deux hommes partageant les mêmes idéaux ont regardé la victoire depuis des angles différents. Larminat voyait ce qu’on ne pouvait pas perdre. Leclerc voyait ce qu’il fallait encore gagner.

Il y a quelque chose de particulier dans la trajectoire de ces deux hommes après la guerre. Leclerc meurt en novembre1947, dans un accident d’avion au-dessus du Sahara algérien, à Fort-Lamy, quelques mois seulement après la fin des guerres qui avait été toute sa vie. Il n’a pas eu le temps de vieillir. La France lui construira un musée, le nommera maréchal à titre posthume, mettra son nom sur des avenues dans des centaines de villes.

Larminat, lui, survit. Il écrit ses chroniques irrévérencieuses, publiées chez Plon en 1962, où il règle ses comptes avec l’histoire et avec certains de ses contemporains, avec la causticité qu’on lui connaissait. Général d’armée depuis1953, premier président de l’Association des Français libres, il reste la mémoire vivante de ce que la France libre a été. Puis arrive la guerre d’Algérie.

Et avec elle, un drame d’une nature différente. En avril1961, des généraux français, Challe, Jouhaud, Zeller, Salan, se mutinent à Alger. Ils refusent l’indépendance algérienne, prennent le contrôle de la ville pendant quatre jours, puis capitulent. C’est le putsch des généraux.

Il faut les juger. Et de Gaulle, qui connaît la valeur symbolique des gestes, charge l’un des derniers grands témoins de la France libre de présider le tribunal militaire. Edgar de Larminat. Le 1er juillet1962, avant même que le tribunal ne se réunisse, Larminat se suicide à Paris.

Il a soixante-six ans. Les explications données par son entourage convergent : il craignait de ne pas avoir la force physique et morale de mener à bien cette mission. Juger des officiers français qui avaient combattu pour la France, même s’ils avaient eu tort, était pour lui un fardeau insupportable. Il y a une ironie cruelle dans cette fin.

Lui qui avait été emprisonné par ses propres supérieurs en juin1940 pour avoir voulu continuer à se battre. Lui qui avait traversé des frontières dans la nuit pour rejoindre une cause que presque personne ne croyait possible. Lui qui avait refusé de défiler avec ceux qui avaient failli. Et qui se retrouvait, vingt-deux ans plus tard, chargé de juger d’autres officiers qui avaient, à leur façon, refusé les ordres qu’ils estimaient injustes.

La ligne entre la désobéissance honorable et la rébellion inadmissible, il l’avait tracée lui-même en1940. Et en1962, c’est lui qu’on chargeait de la faire respecter. Dans les semaines qui suivent le renvoi en Tripolitaine, les deux généraux travaillent côte à côte à la réorganisation de leurs unités. Les cadres sont revus, les équipements recensés, les volontaires de l’armée d’Afrique triés.

De Gaulle a donné des instructions précises à Larminat et à Leclerc : accueillir ceux qui veulent vraiment rejoindre la cause, pas seulement ceux qui veulent rejoindre le camp des vainqueurs. Cette distinction, Larminat la comprend de façon presque viscérale. Il a lui-même fait ce choix dans l’obscurité de juin1940, sans savoir si de Gaulle tiendrait, sans savoir si l’Angleterre résisterait, sans savoir si l’Amérique entrerait dans la guerre. Ceux qui arrivent en juin1943, après trois ans de victoires alliées, après Stalingrad, après El Alamein, après la capitulation de l’Afrique du Nord, ils arrivent quand tout est déjà joué.

Larminat les accepte dans les rangs parce que de Gaulle le lui demande, mais il ne les confond pas avec ceux qui étaient là avant. Leclerc, lui, est plus généreux sur ce point. Ou plus pragmatique, selon le point de vue qu’on adopte. Pour lui, ce qui compte, c’est la qualité du soldat aujourd’hui, pas son passé d’il y a deux ans.

Et il y a, parmi ces nouveaux venus, des hommes remarquables, des Spahis marocains, des chasseurs d’Afrique, des artilleurs expérimentés. Perdre ces hommes par souci de pureté serait une erreur militaire. Ce désaccord de fond, ils ne le résolvent pas à Tunis. Ils vivent avec, comme on vit avec les fractures qui ne guérissent jamais complètement.

Ce que Larminat a dit à Leclerc à Tunis en mai1943, ce n’était pas seulement une dispute entre deux généraux sur un protocole de défilé. C’était deux façons différentes de répondre à la même question. À quoi sert la victoire si on oublie pourquoi on s’est battu ? Larminat répondait : « Elle ne sert à rien si on efface les origines.

La France libre n’était pas une parenthèse. C’était un choix moral fait dans l’obscurité totale, sans garantie, sans armée, sans État. Ce choix méritait d’être honoré, visible, distinct. Défiler au côté de ceux qui avaient obéi à Vichy, même pour ne pas froisser les Américains, c’était trahir les morts.

»

Leclerc répondait : « La victoire sert à rentrer en France. Et pour rentrer en France, il faut une armée suffisamment forte. Cette armée ne peut pas se construire dans la nostalgie. Elle doit intégrer tout ce qui veut se battre, même ceux qui ont mis du temps à comprendre.

»

Ils avaient tous les deux raison. C’est ce qui rend cette histoire difficile. Ce qu’il faut retenir de cette rencontre en Tunisie, c’est peut-être simplement ceci : deux hommes qui avaient tout donné pour la même idée ne s’y retrouvaient plus tout à fait. Pas parce qu’ils avaient changé, mais parce que l’idée, en grandissant, était devenue assez large pour contenir deux visions incompatibles.

Leclerc libérera Paris le 25 août1944. Il entrera à Strasbourg le 23 novembre de la même année, accomplissant son serment de Koufra. Larminat, lui, aura libéré les poches de l’Atlantique, dont Royan, en janvier1945, dans des conditions qui lui vaudront une controverse durable avec les habitants de cette ville. Deux hommes, une même France libre.

Des chemins qui se croisent à Tunis le 20 mai1943, et qui ne se croiseront plus jamais vraiment.