L’assaut a duré vingt-trois minutes. Vingt-trois minutes pour reprendre un pont que l’armée serbe de Bosnie avait enlevé quelques heures plus tôt, avec douze soldats français en otages, deux enchaînés à vue sur le tablier. Vingt-trois minutes pour que trente et un marsouins du 3e régiment d’infanterie de marine, baïonnette au canon, traversent un pont à découvert sous le feu des immeubles de Grbavica.
Vingt-trois minutes pour que l’armée française, après trois ans d’une guerre où elle n’avait fait que protester et attendre, décide de ne pas riposter, mais de frapper.
Ce matin du 27 mai 1995, à Sarajevo, la guerre de Bosnie a basculé. Non pas par une décision venue des capitales occidentales, mais par un ordre donné depuis un poste de commandement de secteur, court-circuitant la chaîne onusienne. Le général Hervé Gobilliard, commandant le secteur de Sarajevo, a donné l’ordre de reprendre le pont de Vrbanja sans en référer au général Bernard Janvier, commandant des forces des Nations unies en ex-Yougoslavie.
Les sources anglo-saxonnes font remonter la décision directement à Paris, à la volonté du nouveau président Jacques Chirac, élu dix jours plus tôt. Les deux versions convergent sur le résultat : l’ordre d’assaut est parti vite, sans l’accord de l’échelon qui aurait dû le donner.
Le pont de Vrbanja franchit la Miljacka en plein centre de Sarajevo, à l’endroit précis où la ville est coupée en deux. Au nord, les quartiers tenus par le gouvernement bosnien. Au sud, Grbavica, tenue par les Serbes depuis le printemps 1992.
Entre les deux, un tablier court et découvert, sans fossé, sans muret, sans le moindre angle mort. Les Nations unies y tenaient un point d’observation, officiellement un poste de surveillance, avec quatre à six hommes, un abri de sacs de sable, une antenne radio et un drapeau. Les règles d’engagement autorisaient l’ouverture du feu en cas de légitime défense caractérisée, et s’arrêtaient là.
Un point d’observation des Nations unies se compte, se visite et se photographie. Il ne se défend pas contre une compagnie décidée.
La crise avait commencé deux jours plus tôt. Les 25 et 26 mai, les avions de l’Alliance atlantique avaient frappé des dépôts de munition de l’armée serbe de Bosnie près de Pale, en réponse aux tirs d’artillerie sur Sarajevo. Jusque-là, les frappes s’étaient limitées à une pièce isolée ou à un blindé désigné, détruit, l’affaire close en une heure.
Cette fois, les cibles étaient des installations logistiques, et les colonnes de fumée furent visibles depuis les faubourgs pendant la journée entière. L’état-major de la Republika Srpska comprit que le rapport de force venait de bouger. Il chercha immédiatement un moyen de le remettre en place, et il le trouva le lendemain.
Le 26 mai, des détachements serbes se présentèrent aux postes d’observation dispersés dans le pays et emmenèrent les équipages. Le procédé était simple : arriver en nombre, sans tirer, désarmer et charger les hommes dans des camions. Une partie des prisonniers fut conduite sur des sites déjà frappés ou susceptibles de l’être, menottée à des installations fixes et filmée dans cette position.
Les images furent livrées aux télévisions dans la journée. En quarante-huit heures, l’Alliance suspendit ses frappes, et les capitales occidentales se mirent à chercher des intermédiaires. La méthode fonctionnait, et le pont de Vrbanja en fut l’application locale.
À Sarajevo, le bataillon français s’appelait Frebat 4. Son ossature venait du 3e régiment d’infanterie de marine de Vannes et du régiment d’infanterie chars de marine de Poitiers. Ces deux unités appartiennent à l’armée de terre et n’ont aucun lien avec la marine nationale.
Ce sont les héritières des troupes coloniales, et leurs soldats se font appeler marsouins dans l’infanterie, bigors dans l’artillerie. Le 3e régiment d’infanterie de marine fournissait les sections d’infanterie du bataillon. Le régiment d’infanterie chars de marine fournissait les blindés à roues et leurs équipages.
Les deux régiments servaient en Bosnie par relève de quatre mois sous casque bleu, avec du matériel repeint pour l’occasion.
Le matin du 27 mai, les Français avaient une vue directe sur ce qu’ils avaient perdu depuis les étages des bâtiments proches de la rive nord. Les observateurs comptaient les silhouettes dans les bunkers et suivaient les mouvements derrière le mur de sacs. Ils voyaient les créneaux retournés vers le nord, les conteneurs déplacés pendant la nuit, et les armes prises le matin même portées par d’autres hommes.
Ils voyaient aussi les deux marsouins attachés à découvert sur l’axe même par lequel il faudrait passer. Les comptes rendus remontaient au poste de commandement toutes les quelques minutes et disaient chaque fois la même chose. L’affaire rendait toute solution négociée très longue et toute solution militaire très étroite.
Et elle enlevait au bataillon la seule chose dont il disposait vraiment : le temps.
La réponse à la demande du colonel Éric Sandahl, commandant du bataillon français, arriva par le côté. Le général Hervé Gobilliard donna l’ordre de reprendre le pont sans en référer au général Bernard Janvier. Les sources françaises et anglo-saxonnes divergent sur l’origine exacte de la décision, les secondes la faisant remonter directement à Paris et à la volonté du nouveau président de court-circuiter la chaîne onusienne.
Les deux versions se rejoignent sur le résultat : l’ordre d’assaut partit sans l’accord de l’échelon qui aurait normalement dû le donner, et il partit vite.
L’opération reçut un nom de code, Dieu. Elle fut montée en quelques heures sur un plan de la ville et sur les comptes rendus des observateurs. Le pont était tenu par une trentaine de soldats serbes répartis dans trois bunkers de sacs de sable et de conteneurs, en appui mutuel avec des positions installées dans les immeubles de Grbavica derrière eux.
Ces immeubles dominaient le tablier de plusieurs étages et couvraient toute la longueur du pont. Toute progression sur le tablier serait vue de face par les bunkers et de flanc par les fenêtres. Il n’existait aucun itinéraire couvert entre la rive nord et l’objectif.
La présence des deux otages sur l’objectif fixa toute la manœuvre. L’artillerie fut écartée, la destruction préalable des bunkers fut écartée, et le tir d’ouverture sur le mur de sacs fut écarté avec le reste. Les hommes iraient chercher les ouvrages à pied, un par un, avec ce qu’ils porteraient sur eux.
Le seul appui retenu fut un tir direct, ajusté au coup par coup sur les créneaux, à interrompre dès que les fantassins masqueraient la ligne de tir. Ce choix transférait tout le risque sur la section d’assaut, et l’état-major du bataillon le savait en le signant.
La mission revint à la première section de la première compagnie du 3e régiment d’infanterie de marine, trente et un hommes surnommés les Forbans. Le capitaine François Lecointre, commandant de la compagnie, prit la tête de l’assaut, et le lieutenant Bruno Éthin conduisait la section. Derrière eux, le régiment d’infanterie chars de marine engageait environ soixante-dix hommes, des engins de reconnaissance à canon Sagaie et une section de véhicules de l’avant blindé.
L’ensemble représentait un peu plus de cent hommes pour reprendre une extrémité de pont. En face, sur l’objectif et dans les immeubles, les Serbes étaient à peu près aussi nombreux, à couvert et déjà installés.
Les Sagaie sont des engins à six roues d’une quinzaine de tonnes, armés d’un canon de 90 mm et blindés contre les armes légères. Ils tirent vite, à vue, et un obus traverse un mur de sacs de sable en un coup. Les véhicules de l’avant blindé sont des transports de troupes à quatre roues dotés d’une mitrailleuse de 12,7 mm servie depuis une tourelle ouverte, le tireur debout, la tête et les épaules dehors.
Ces deux matériels avaient passé trois ans à Sarajevo à escorter des convois et à faire du chiffre au bout des ponts. Le 27 mai, ils furent employés pour ce pourquoi ils avaient été construits.
Le point de départ fut le cimetière juif, à quatre cents mètres du pont, sur une pente qui donnait sur la rivière. Les marsouins s’y regroupèrent en fin de matinée, complétèrent les chargeurs et répartirent les grenades. Puis ils fixèrent les baïonnettes sur les FAMAS.
L’opération prend quelques secondes et ne sert qu’à une chose : entrer dans un ouvrage occupé quand le fusil devient trop long et trop lent. C’est un geste que l’instruction conserve et que les opérations n’emploient plus. Les hommes de la première section le firent debout entre deux rangées de tombes, à quatre cents mètres de l’objectif.
À 8 heures, les Sagaie ouvrirent le feu. Les canons de 90 tiraient à vue sur les créneaux à quelques centaines de mètres, et chaque coup emportait les sacs de sable par paquets entiers. Les mitrailleuses de 12,7 balayaient les étages des immeubles de Grbavica pour clouer les tireurs derrière les fenêtres.
Le bruit tomba sur le centre-ville d’un seul coup. Après trois ans pendant lesquels le tir français s’était limité à quelques rafales de riposte.
Sous ce couvert, la première section s’engagea sur le tablier. Le pont est plat, large et parfaitement dégagé sur toute sa longueur. Les marsouins le franchirent en courant, par bonds de quelques mètres, en tirant en marchant, avec les impacts qui remontaient le bitume derrière eux et frappaient le parapet à hauteur de hanches.
Le feu venait de face, depuis les créneaux, et de flanc, depuis les fenêtres des étages, exactement comme le plan l’avait prévu. Personne ne s’arrêta au milieu du tablier parce qu’il n’y avait rien pour s’y arrêter.
Les premiers atteignirent le mur de sacs et se plaquèrent contre lui, séparés des Serbes par l’épaisseur des sacs. Derrière, les Sagaie levèrent leur tir dès que les fantassins arrivèrent dans l’axe. À partir de cet instant, la section fut seule sur l’objectif avec ce qu’elle portait.
Le premier bunker fut traité à la grenade et aux FAMAS par son ouverture arrière. Les Serbes à l’intérieur tirèrent jusqu’au dernier moment, puis quatre d’entre eux sortirent les mains vides et furent poussés vers l’arrière du dispositif. Ces quatre hommes furent les premiers prisonniers de la matinée, et ils repartirent vers la rive nord sous escorte, à contre-courant de l’assaut.
Le tir venu des immeubles ne faiblit pas et prit rapidement le tablier en enfilade. En tête de section, le lieutenant Éthin fut touché pendant cette phase. Le capitaine Lecointre relança la progression sur l’ouvrage suivant sans attendre l’évacuation des blessés, parce que s’arrêter sur le tablier revenait à y rester sous le feu des étages.
L’ouvrage suivant était bas, fermé, encombré de conteneurs, et son accès obligeait à passer par un boyau de quelques mètres où le fusil ne servait plus. Les marsouins y entrèrent à la baïonnette.
Ce qui s’y passa dura le temps nécessaire pour parcourir cette distance dans le noir, et le combat s’y fit à bout portant, sans possibilité de manœuvre pour l’un ou l’autre camp. Les sources françaises considèrent cet ouvrage comme la dernière charge à la baïonnette au canon de l’armée française. Le marsouin Jacky Humblot tomba pendant ce nettoyage.
Humblot était né à Angoulême en 1976. Il servait comme grenadier voltigeur à la première compagnie et s’était porté volontaire pour la relève de Bosnie. Il fut ramené vers l’arrière par ses camarades pendant que la section poursuivait sur le troisième bunker.
Le dernier ouvrage fermait l’accès au boulevard du côté de Grbavica, et il fut réduit dans la continuité des deux premiers, sans pause et sans nouvel appui. Les Sagaie ne pouvaient plus tirer sur cette partie du pont sans prendre les marsouins dans l’axe, et elles reportèrent leurs coups sur les fenêtres des immeubles. La position tomba dans la foulée, et le mur de sacs qui fermait le pont passa entièrement aux mains des Français.
Une vingtaine de minutes s’était écoulée depuis le premier coup de canon.
À quatre cents mètres de là, le marsouin Marcel Amaru appuyait l’assaut derrière la mitrailleuse de 12,7 d’un véhicule de l’avant blindé, en position découverte près du cimetière. Il était pilote et tireur, et il servait sa pièce debout dans la tourelle, sans rien au-dessus des épaules, sur un axe que les immeubles de Grbavica voyaient parfaitement. Sa mission consistait à tenir les fenêtres sous le feu pendant que la section traversait, ce qui obligeait à tirer longtemps et depuis le même endroit.
La position ne pouvait pas être déplacée sans perdre la vue sur les étages, et elle ne fut pas déplacée. Un tireur d’élite serbe le prit pour cible et l’atteignit pendant qu’il tirait. Amaru était arrivé au bataillon le 12 mai, quinze jours plus tôt.
Les deux otages attachés au mur étaient toujours là quand les marsouins arrivèrent sur eux. L’un fut atteint par un tireur pendant les échanges et fut dégagé vers l’arrière dès que la section eut dépassé le mur. L’autre profita du désordre pour se libérer et rejoindre la section à quelques mètres de l’endroit où il avait passé la matinée.
Ce sont les deux seuls des douze hommes pris à 8 heures qui furent récupérés par la force. Les dix autres avaient été emmenés vers le sud dès la prise du poste et se trouvaient depuis plusieurs heures dans les caves de Grbavica, à quelques centaines de mètres du tablier et hors de portée de toute opération. Pour eux, il n’existait pas de solution militaire, et le bataillon le savait avant même de partir du cimetière.
À 8 heures 23, le tir cessa. L’extrémité du pont était de nouveau tenue par les Français. Les trois ouvrages étaient vidés, et les positions serbes des immeubles avaient décroché de plusieurs étages vers l’arrière.
Vingt-trois minutes s’étaient écoulées depuis le premier obus de 90. Certaines sources anglo-saxonnes donnent une durée un peu supérieure, autour d’une demi-heure, ce qui ne modifie ni le déroulement ni le résultat. Le silence qui suivit fut le premier silence de la matinée dans ce secteur du centre-ville.
Le décompte fut établi dans la journée. Deux marsouins n’étaient pas rentrés, Humblot et Amaru. Trois étaient blessés, dont le lieutenant Éthin, touché en tête de section au premier bunker.
Du côté de l’armée serbe de Bosnie, quatre soldats restèrent sur la position. Deux ou trois furent blessés selon les sources, et quatre furent faits prisonniers et se trouvaient désormais entre les mains du bataillon français. Les pertes serbes ne furent jamais publiées par Pale, et les chiffres retenus proviennent des comptes rendus français.
Ce sont les quatre prisonniers qui comptaient. Ils allaient peser plus lourd dans les heures suivantes que tout le reste de la matinée.
Ce qui restait sur le pont tenait en peu de choses. Les sacs de sable étaient ouverts sur toute la longueur du mur, et leur contenu s’était répandu sur le bitume en traînées. Les conteneurs étaient percés de part en part par les obus de 90.
Les douilles couvraient le sol devant les créneaux, et le tablier portait des centaines d’impacts d’armes légères. Au-dessus, les câbles de tramway pendaient comme la veille. En contrebas, la Miljacka coulait dans son lit bétonné entre deux berges où personne ne descendait plus depuis trois ans.
Les Français remirent le poste en état dans l’après-midi. Ils refermèrent les sacs, réorientèrent les créneaux vers le sud et recalèrent les conteneurs en travers du tablier. Les hommes travaillèrent à découvert sous les fenêtres de Grbavica, avec les Sagaie en batterie derrière eux sur la rive nord.
La position fut tenue la nuit suivante par la même compagnie, avec des équipes relevées toutes les quelques heures. Le pont ne fut plus attaqué. Les Serbes gardèrent leur position dans les immeubles et cessèrent de s’intéresser au tablier.
Le point d’observation reprit son fonctionnement normal le lendemain matin, avec le même drapeau et les mêmes règles d’engagement qu’avant.
Les négociations sur les otages commencèrent le soir même entre militaires sur le terrain. Les dix marsouins emmenés le matin furent échangés contre les quatre prisonniers serbes pris sur le pont. L’affaire fut réglée en quelques heures sans passer par les canaux habituels et sans intermédiaires civils.
Elle reposait entièrement sur le fait que les Français avaient quelque chose à rendre, ce qui n’avait jamais été le cas jusque-là. Depuis trois ans, les contingents des Nations unies en Bosnie négociaient sans monnaie d’échange, en demandant, en protestant, en attendant des réponses qui venaient d’ailleurs. Le 27 mai au soir, le bataillon français négociait avec quatre hommes qu’il détenait.
C’est le seul cas de la guerre de Bosnie où un poste des Nations unies enlevé par la force fut repris par la force. La nouvelle parvint à l’état-major de la Republika Srpska dans la même journée. Un poste français avait été enlevé le matin et repris le matin même, sans que l’affaire remonte au siège des Nations unies ni aux capitales.
La crise des otages, elle, se dénoua en juin après plusieurs semaines de tractations menées ailleurs. Elle laissa une conséquence directe. Le Conseil de sécurité autorisa le 16 juin la constitution d’une force de réaction rapide dotée d’artillerie, avec des contingents français et britannique.
Les canons français furent hissés sur le mont Igman au-dessus de Sarajevo et servis par le 40e régiment d’artillerie. Ils tirèrent sur les positions serbes à la fin de l’été.
Le 3e régiment d’infanterie de marine ramena ses deux marsouins à Vannes au début du mois de juin. La cérémonie eut lieu devant les familles, le régiment en armes et le président de la République arrivé de Paris pour l’occasion. Chirac dit ce jour-là qu’Amaru et Humblot étaient tombés pour une certaine idée de la France.
C’est la seule phrase officielle prononcée sur cette affaire que les archives conservent mot pour mot. Les deux noms figurent depuis sur la liste des morts pour la France du régiment, entre ceux des relèves précédentes et ceux des relèves qui suivirent.
Le mandat du bataillon se poursuivit à Sarajevo jusqu’à la relève suivante, sur les mêmes ponts et au même poste. Le pont de Vrbanja a été débaptisé après la guerre et porte aujourd’hui un autre nom. Les immeubles de Grbavica ont été reconstruits, les façades repeintes, le boulevard rouvert à la circulation.
Le tablier a été refait, et les tramways passent de nouveau sur les quais voisins. La Miljacka coule dessous entre ses murs de pierre, et les gens traversent le pont sans lever la tête vers les étages qui le dominent. Le cimetière juif d’où partirent les marsouins est redevenu un cimetière, avec ses tombes remises debout et ses allées dégagées.
Des marsouins du 3e régiment d’infanterie de marine sont revenus sur ce pont depuis, en tenue, devant les autorités militaires, pour des cérémonies dont les photographies sont conservées dans les archives du ministère des armées. Vingt-deux ans plus tard, le capitaine qui avait mené l’assaut fut nommé chef d’état-major des armées et occupa le poste jusqu’en 2021. François Lecointre commandait alors l’ensemble des forces armées françaises, l’armée de terre, la marine nationale et l’armée de l’air, environ 300 000 hommes et femmes, et des opérations en cours sur trois continents.
Il rendait compte directement au président de la République. Les ordres d’engagement des unités qui partaient au Sahel et au Levant passaient par sa signature. À Vrbanja, ce matin-là, il en commandait trente et un.


